Marwán présente son nouveau livre ‘Une femme dans la gorge’ : “Tout le monde a le droit d’essayer d’être poète”


Le chanteur a de nouveau publié un recueil de poèmes intitulé ‘Une femme à la gorge’ dans lequel il dévide les sentiments du quotidien de manière proche, authentique et identitaire. Ce livre intervient après qu’il en ait publié trois autres, ‘La triste histoire de ton corps sur le mien’ en 2013, ‘Tous mes futurs sont avec toi’ en 2015 et ‘Les amours imparables’ en 2018. Une fois de plus il a su bouger, et à cette occasion l’auteur sent qu’il a apporté tout le meilleur de lui-même, faisant un pas en avant et incluant quelques éléments comme des aphorismes ou des sonnets.

Bekia. : Bonjour, Marwán, comment ça va ?

Marwan : Très bien, avec beaucoup de problèmes avec la promotion du livre, mais la vérité est que je suis heureux, je suis très heureux car il se passe beaucoup de belles choses.

Marwán présente son livre 'Une femme dans la gorge'/ Photo : InstagramMarwán présente son livre ‘Une femme dans la gorge’/ Photo : Instagram

Bekia : Dis-moi pourquoi ‘A Woman in the Throat’ arrive maintenant. Vous avez attendu plusieurs années pour publier un nouveau livre alors dites-moi pourquoi maintenant.

M. : C’est là maintenant parce que j’avais en gros fini le livre, ça me paraissait long depuis que j’avais publié le précédent, mais surtout c’est là parce qu’on a le besoin de communiquer, d’émouvoir les gens, c’est pour ça que j’écris en gros, c’en est un des raisons, pour que l’écriture serve de moyen de transport, pour se connecter avec d’autres personnes, pour s’exciter tous ensemble.

B. : Très bien, et que représente pour vous cette dernière création ? Vous avez envie de bouger, de communiquer, mais en quoi est-ce utile pour vous de communiquer aux autres ?

M. : J’ai consacré ma vie à cela, je pense que ce que je suis, si je peux me définir d’une manière ou d’une autre, c’est comme un communicant à plusieurs facettes, principalement avec la musique, mais avec la poésie aussi, d’autres fois vous avez écrit dans les journaux, dans les réseaux, ma vie consiste à communiquer, à établir le contact par la communication, par les mots, par la musique, et dans ce cas ce livre a signifié pour moi un très grand saut de qualité, d’ailleurs il m’en parle à tous les gens qui je le lis, et j’ai l’impression que sur le plan lyrique, parce que j’ai fait plusieurs pas en avant, c’est la première fois que je ne fais pas que de la poésie en vers libres, il y a des aphorismes, il y a pas mal de sonnets dans le livre, et il me semble que c’est un livre très complet, car il touche à de nombreux thèmes et j’en suis très satisfait, j’aime bien.

Couverture de 'Une femme dans la gorge'/ Photo : InstagramCouverture de ‘Une femme dans la gorge’/ Photo : Instagram

Bon, même la pandémie a sa place dans ce livre, elle nous a tellement marqués que vous en donnez même des coups de pinceau covid.

M. : Oui, totalement, je passe en revue de nombreux sujets et l’un d’eux est une querelle générationnelle sur le covid, car on a toujours reproché aux jeunes de n’avoir vécu aucune guerre, mais la vérité est que les jeunes ont aussi eu leur guerre, qui est celle-ci, et d’autres antérieures comme la crise précédente qui les a laissés dans une situation assez compliquée pour pouvoir s’émanciper, aller de l’avant, avec une précarité bestiale, etc., et ce bilan m’a semblé nécessaire.

B. : Vous lancez vos réflexions, aussi pour faire prendre conscience peut-être, pour faire réfléchir les autres.

M. : Provoquer un peu de réaction chez l’autre, ce qui, je pense, est important. Je pense que l’art consiste en cela à de nombreuses reprises.

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B. : Et comment le livre a-t-il été reçu, notamment sur les réseaux sociaux, où vous pouvez avoir plus de retours ?

M. : En ce moment, des gens m’écrivent qui sont très excités, des gens qui me disent que c’est le meilleur, ils partagent des poèmes, ils partagent beaucoup la couverture, beaucoup de gens m’écrivent en disant qu’ils prennent des notes, ils demandent des choses sur le livre, tous les journalistes m’ont dit qu’ils trouvaient que c’était un livre très excitant, qu’ils l’avaient aimé, que tout allait bien.

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B. : Regardez comme c’est bon. J’allais aussi vous poser des questions sur le poème vidéo que vous avez fait l’autre jour, que vous avez partagé sur les réseaux sociaux, je pense que c’était très spécial parce que vous aviez les voix de femmes connues, mais aussi puissantes, avec Sara Carbonero, Cayetana Guillén Cuervo, ou Elvira Sastre qui écrit comme vous. Comment ont-ils fini par faire partie de cela avec vous?

M. : Ce sont des amis, vous les connaissiez tous déjà, et j’en avais envie beaucoup, car depuis qu’il s’intitule ‘Une femme dans la gorge’ j’ai eu envie de donner la parole aux femmes, que leur voix porte le message de certains de ces poèmes, afin que leur voix soit entendue. voix et le pouvoir qu’ils ont tous, je savais que tous allaient très bien réciter tous les poèmes, avec une grande émotion et une grande force, je voulais qu’ils portent les messages de ces poèmes que j’aime beaucoup, en auquel j’ai versé toute ma sensibilité, et j’ai eu envie de la mêler à leur sensibilité.

B. : Une chose que je voulais te demander, c’est que, bien sûr, tu écris aussi de la musique parce que tu es auteur-compositeur-interprète. Quand vous commencez à écrire, le faites-vous intentionnellement, en pensant que c’est destiné à être de la poésie, ou directement ? vous commencez à écrire sans discernement ? J’aimerais savoir à quoi ressemble votre processus de création.

M. : La réalité est toute logistique, si j’ai une guitare à la main, alors j’écris une chanson, c’est très simple, quand je suis devant une feuille de papier, mon intention est d’écrire de la prose ou un poème.

B. : Ne vous arrive-t-il pas d’écrire quelque chose qui est de la prose poétique ou un poème et puis vous dites : « eh bien, ça pourrait me convenir comme chanson » et vous prenez la guitare et l’adaptez ?

M. : Oui, cela m’est arrivé plusieurs fois, mais ce n’est pas la méthode que j’utilise, ce que je fais ces derniers temps, c’est écrire des vers rimés sur du papier et ensuite essayer de les mettre en musique, c’est un peu le système qui Sabina l’utilise traditionnellement, elle écrit les paroles puis trouve la musique adaptée.

B. : Et à ce stade, qu’est-ce que tu considères le plus, un musicien ou un écrivain, ou un chanteur qui écrit, ou un écrivain qui chante ?

M. : Je suis musicien, c’est là que j’ai eu mes bagages pendant plus de vingt ans, même si en même temps que j’écrivais des chansons j’ai aussi commencé à faire des poèmes, songwriting et poésie vont toujours de pair, j’ai une formation poétique, mais je me considère plutôt comme un musicien, cela dit, si vous voulez m’appeler poète, je me sens à l’aise, mais surtout je me sens comme un musicien, je suis un musicien avec une grande vocation de poète, et je suis un poète qui écrit des poèmes comme un musicien, je le vois ainsi.

Marwán à l'un de ses concerts / Photo : InstagramMarwán à l’un de ses concerts / Photo : Instagram

B. : Utiliser le mot poète pour se décrire a beaucoup de valeur, maintenant il émerge, notamment sur les réseaux sociaux, Instagram, de nombreux poètes ou tentatives de poètes, pensez-vous que n’importe qui peut l’être ?

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M. : Bon, écoutez, je crois que tout le monde n’a pas la capacité poétique et tout le monde ne peut pas la développer parce qu’il faut toujours qu’il y ait une base ou un talent inné, ou une sensibilité, mais je crois que tout le monde a le droit d’essayer d’être poète, parce que la poésie n’est pas un privilège, c’est un droit, il est très important de le souligner, parce que peu importe la qualité qu’on a, quand on écrit de la poésie c’est parce qu’on l’aime ou parce qu’on a besoin de s’exprimer, on a un besoin , je pense que cela ne devrait pas être enlevé aux gens qui le font bien ou mal. Ça me paraît super important, parce que la poésie c’est accompagner les gens, c’est quelque chose qui doit être le pain des gens.

B. : Je pense ça un peu, mais d’un autre côté, il y a des moments où je lis des vers, où tu penses : ‘Mon Dieu, s’il a même des fautes d’orthographe et a donné un like à tout le monde’. Comment est-il possible qu’une personne qui ne s’exprime pas de la bonne manière touche autant de monde ?

M. : Vous vous connecterez sûrement avec des gens qui sont sur votre fréquence, je veux dire, les gens qui sont sur une fréquence beaucoup plus élevée culturellement se connecteront avec d’autres artistes qui sont sur cette fréquence culturellement beaucoup plus élevée. Je pense que cela arrive parce que nous croyons qu’il n’y a qu’un seul type de poésie, mais c’est une énorme erreur, il semble qu’il ne peut y avoir qu’une seule poésie hyperculturelle, mais tout comme dans la pop, le classique, la musique lourde, les chansons et les auteurs.. .il y a beaucoup de styles différents, chacun avec sa richesse, parce que je pense qu’en poésie il doit y avoir aussi beaucoup de styles différents, beaucoup de courants différents et il peut aussi y avoir de la poésie pop, simple ou diaphane, qui relie avec des gens qui ont ces caractéristiques psychologiques, honnêtement.

B. : Comme chaque poésie a une niche, n’est-ce pas ?

M. : Bien sûr, cela a à voir avec le niveau de fréquence de chacun, par exemple, vous êtes une femme instruite, parce que vous allez chercher un certain type de poésie, et peut-être que ce qu’un poète écrit ne vous plaît pas parce que votre le niveau est au-dessus, mais vous aimez ce qui est au niveau supérieur, généralement, nous admirons tous tout ce qui est au-dessus de nous, au-dessus de notre niveau. Eh bien, en tant que poète, je suis encore un apprenti, parce que j’ai hâte que les meilleurs poètes de ce pays m’admirent. J’admire les gens qui sont sur ma fréquence, c’est une lecture très positive au sujet de la poésie.

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B. : Et qui admirez-vous dans le monde de la poésie ?

M. : Beaucoup d’écrivains, la vérité est que j’aime Luis García Montero, Carmen Oroz Iribarren, Raquel Mancheros, Vicente Gallego, Benjamín Prado, Juan Bonilla… Et puis, du vieux Miguel Hernández, Neruda, Gloria Fuertes, j’ai toujours l’aimait beaucoup, Mario Benedetti… en général ce sont des poètes très diaphanes, ce sont tous de grands poètes.

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B. : J’aime écrire aussi, mais je fais tout pour moi et c’est tout, au moins je trouve mieux d’écrire quand je suis nostalgique, ou triste, faut-il des moments comme ça pour écrire de la bonne poésie ?

M. : En général, la tristesse a tendance à être plus photogénique, et la déchirure permet un lien émotionnel très fort qui se traduit généralement par une expressivité forte et puissante, donc pour l’art et pour toutes sortes de création artistique, toujours le sentiment de déchirer ou de demander des explications à la vie, qu’on les demande quand on ne va pas bien, quand on est triste, quand on est découragé, dans ces moments-là on va au folio demander des revers à la vie, demander des explications, mais je pense aussi que vous pouvez créer très bien être heureux.

B. : Voyons si tout le monde va penser que tu es triste quand tu écris de la poésie.

M. : Pas toujours, c’est aussi une capacité à se connecter avec certaines émotions, et évidemment pour moi la poésie est une façon de mettre des mots sur certains sentiments qui me déroutent, mais c’est aussi une façon de raconter des histoires et de parler de la grandeur de la vie, alors ça peut être des choses tristes ou des choses super heureuses, donc je pense qu’on peut écrire à partir de beaucoup d’états émotionnels, c’est vrai que quand on n’est pas triste, on vit et on ne se demande pas tant de choses, et quand on est triste on écrire, et ça finit par se traduire en poèmes, en films.

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B. : Je vais laisser votre livre en panne, que diriez-vous du retour sur scène après la pandémie ? Comment s’est passé ce premier contact avec le public ?

M. : Pour moi ça a été super, j’en avais besoin car j’ai sorti un album qui m’est précieux, on avait fait une belle production, de beaux clips vidéo, et puis du coup il n’y avait pas de part de partage sur scène, donc la vérité est que le retour sur les scènes a été une délicieuse bouffée d’air frais. Cela a été très éprouvant même avec les masques, parce que les gens viennent très nécessiteux et très avides d’émotions, et ce contact puissant est incroyable, vous êtes plus excité qu’avant, à la fois du point de vue de la tristesse parce que vous voyez les gens qui devenir très émotif et pleurer beaucoup, vous voyez des gens donner tout avec leur joie, applaudir, montrer leur joie, chanter plus que jamais, c’est un voyage très beau et très puissant.

B. : Enfin un rêve à réaliser ?

M. : Je suppose que vivre toute ma vie dans la musique, pouvoir émouvoir des millions de personnes. Si je vis toute ma vie de ma musique et que je voyage constamment d’un pays à l’autre et que je fais la même chose, j’atteindrai sûrement ce rêve.



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